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Elon Musk, le milliardaire américain féru de nouvelles technologies porte de l’intéret pour le transhumanisme. À travers, sa start-up Neuralink, l’ambition affichée est de permettre au cerveau humain de communiquer avec un ordinateur par la pensée. Comment ? Par le truchement d’une puce . « C’est comme remplacer un morceau de votre cerveau par une montre connectée » déclare Elon Musk. Pour l’heure, les essais ont porté sur des singes et des cochons ; mais selon les perspectives du patron de Space-X et Tesla, les humains pourraient très bien commencer à en faire l’expérience dans les six prochains mois. Il y a quelques décennies, cette perspective aurait pu passer pour de la science-fiction, aujourd’hui c’est une réalité relevant du transhumanisme.
Le transhumanisme, c’est quoi ?
Le transhumanisme, c’est un : « courant de pensée qui vise l’amélioration des capacités intellectuelles, physiques et psychiques de l’être humain grâce à l’usage de procédés scientifiques et techniques1 ». Une idéologie qui est souvent la cible de contestations scientifiques et éthiques.
L’exemple de la puce de Neuralink représente un exemple flagrant des ambitions du transhumanisme, car potentiellement capable de développer considérablement nos capacités intellectuelles en fusionnant l’informatique et le cerveau humain.
Si dans un premier temps l’usage serait d’abord thérapeutique, et soigner des pathologies comme Alzheimer par exemple, on sait que ce qui peut soigner peut aussi améliorer. Prenons un exemple avec un élève en bonne santé qui bénéficierait de cet implant. Concrètement avec Wikipédia dans la tête, les leçons d’Histoire seraient vite expédiées, ou peut-être inexistantes… D’ailleurs, avec internet dans le cerveau, est-ce que l’école seraient encore utile ?
Peut-être pour garder les enfants oui. Imaginons aussi que la fameuse puce puisse ajuster les comportements des gosses. Pour les parents, la tentation pourrait-être forte de calmer un enfant un peu trop turbulent…
Autre question : quel élève va pouvoir bénéficier du fameux implant ? Celui qui est en difficulté, cela pour rétablir l’égalité des chances, mais quid des autres qui n’auront pas l’upgrade ?
Faisons une autre analogie : est-ce qu’on donne un dopant à un sportif du dimanche pour rivaliser avec un athlète de haut-niveau ? On peut le faire, oui, mais ce n’est pas très sport. Il en va de même avec notre élève et sa puce cérébrale. Des doutes sur la valeur de son travail se formuleraient légitimement.
On peut supposer aussi que les enfants évoluant dans les milieux plus aisés en bénéficieront en priorité. Cet implant ne doit pas être bon marché. Normalement, on donne le meilleur équipement à ceux qui en auront le meilleur usage. On n’offre pas un piano Steinway & Sons à un quelqu’un qui pratique la musique depuis deux jours.
Une solution pour palier le souci des inégalités potentielles serait de donner la puce à tout le monde… Mais ce ne serait pas la panacée non plus. À l’image de nos ordinateurs dont les gammes sont variées et les mises à jour incessantes, cela serait certainement pareil pour les implants cérébraux. Il pourrait y en avoir des bas de gammes et d’autres avec des performances plus grandes. On pourrait aussi voir sur le marché des logiciels payants ou des abonnements pour avoir accès à de l’information, du stockage mémoire, de la rapidité de traitement, du divertissement, etc…Tout cela à télécharger dans son cerveau.
Avec un tel implant va-t-on aussi continuer à à discuter ? Les échanges pourraient se faire à travers des mails ou des textos mentaux. À en juger par certains comportements où l’on préfère pianoter sur nos smartphones que de bavarder avec celui qui est en face de soi, on peut se poser la question.
Reste aussi, la question du piratage. Pourrait-on pirater l’implant d’autrui, lui extirper de l’argent, recueillir ses données ou même ses pensées personnelles ? Pourrait-on imaginer pouvoir altérer sa conscience. Le pousser à commettre des crimes, ou bien l’asservir. Des perspectives nombreuses et inquiétantes.
Un stade de l’évolution humaine.
Le transhumanisme part d’une bonne volonté. Refonder l’humain, augmenter ses capacités, le préserver de la maladie et de la mort. La quête de l’immortalité, socle du transhumanisme n’est pas neuve. Les Grecs de l’Antiquité l’évoquaient sous un sens philosophique, par la réalisation d’exploits héroïques, ou par la création d’une œuvre d’art. La mythologie biblique parlait de la fontaine de jouvence, source de jeunesse éternelle et de bonne santé. La Chine antique et l’Inde ancienne ont pensé à l’élixir de longue vie.
L’idée de progrès fait partie de la nature humaine. De l’usage d’outils en silex et du feu dans la préhistoire, jusqu’à l’énergie atomique, la technologie a toujours accompagné l’homme… mais en dehors de lui-même. Seule la médecine fait exception à la règle, par l’usage d’implants présents dans le corps : pacemakers, broches pour soigner les fractures, implants rétiniens, et autres. Le transhumanisme souhaite aller encore plus loin, quitte à transformer radicalement ce qui fait de nous des humains.


