Le stoïcisme un courant philosophique à la longue histoire

Dans le langage courant on entend d’une personne stoïque quelqu’un d’une grande impassibilité devant les épreuves, les douleurs et les malheurs de la vie. Sans doute n’est-ce là qu’une vision superficielle de ce que représente le stoïcisme. Pour comprendre ce que représente ce courant philosophique né durant l’Antiquité, tachons d’en retracer les origines.

Zénon de Kition et le stoïcisme

Il est de notoriété que l’Antiquité grecque n’a pas été avare de philosophes fameux avec Socrate, Platon, Aristote et bien d’autres. Le fondateur du stoïcisme se trouve être Zenon de Kition, né en 334 av. J.-C. (date de naissance qui fait consensus parmi les spécialistes). Comme sa particule l’indique, il est originaire de Kition, royaume chypriote de culture et de langue phénicienne. Soulignons qu’il est un contemporain des conquêtes d’Alexandre le Grand et, par conséquent, témoin des changements et mutations de la période hellénistique. Autant d’évolutions qui marquent le domaine philosophique.

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Biographie de Zénon

Comme dans beaucoup de cas de personnages antiques, la biographie de Zénon n’est pas de première main et les informations dont nous disposons proviennent de Diogène Laërce.

Zenon de Kition est donc né dans une famille aisée, son père Mnaséas est marchand de pourpre (une teinture prisée dans l’Antiquité). De fait, il offre à son fils, déjà réceptif aux études philosophiques, une éducation soignée. Bercé par les lectures des traités socratiques, sa vie bascule en 312, au cours du naufrage de son navire marchand dans le port du Pirée. Un événement que Zénon estima être comme un signe du destin qui le mènera à étudier la philosophie à Athènes. D’abord en étudiant les Mémorables de Xénophon (mélange de traités de philosophie et de récits de souvenirs). Puis en devenant l’élève du philosophe cynique Cratès de Thèbes.

Son étude jauge les différents courants philosophiques de son temps. Il suit les enseignements de l’École mégarique. Puis ceux des platoniciens de l’Académie. Autant d’influences qui lui servirent pour fonder sa propre école en 301, à l’âge de 35 ans (vraisemblablement), sous le Portique aux Peintures à Athènes.

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Le destin d’un philosophe

Sa popularité devient exponentielle et il se voit même proposé les honneurs d’Athènes ; ainsi que la citoyenneté qu’il refusa. Notons aussi que Zénon put entièrement se dédier à son activité philosophique par la fortune considérable que lui laissa son père. Une vie indépendante déliée des puissants, conforme à sa philosophie.

En 262, à un âge avancé, il se blesse à la main ou au pied, et en conclut que le terme de son voyage est arrivé. Selon les sources, il choisit de se suicider, soit en « retenant sa respiration », ou en cessant de s’alimenter. Il laissa un héritage philosophique conséquent à de nombreux disciples ainsi qu’à l’histoire de la philosophie. Tâchons de voir maintenant en quoi consiste la philosophie stoïcienne.

Les doctrines du stoïcisme

Il ne s’agira pas ici de rentrer dans le détail de toutes les considérations de la philosophie stoïcienne, telle que vue par Zénon, seulement d’en dresser les points essentiels. Le stoïcisme s’articule en effet autour de trois grands domaines : la logique, la physique et l’éthique.

Le stoïcisme une philosophie pérenne

Zenon de Kition, au cours de son enseignement, a eu de nombreux disciples et émules. Certains ont perpétué son œuvre tels que Cléanthe d’Assos, ou encore Chrysippe de Soles. Autant de stoïciens qui sont parvenus au statut de « sage ». À ce propos, Diogène Laërce, notre principale source sur le stoïcisme à l’époque de Zénon écrit :

« On dit aussi que le sage est impassible, parce qu’il est inébranlable. Mais il existe une autre forme d’impassibilité, celle du méchant, qu’on appelle dureté et insensibilité. Le sage est également sans orgueil, car il se tient dans une juste relation aussi bien avec la gloire qu’avec l’absence de gloire. Mais il existe une autre absence d’orgueil, celle de l’homme vulgaire, qui n’est que négligence.

On affirme encore que tous les hommes vertueux sont austères, en ce sens qu’ils ne recherchent pas la compagnie pour le plaisir, ni n’acceptent de la part des autres ce qui est destiné à procurer du plaisir. Mais il existe une autre austérité, semblable à celle d’un vin âpre, qu’on utilise pour la médecine mais qu’on ne boit guère pour le plaisir. Les hommes vertueux sont aussi dits sans fausseté, attentifs à se présenter sous leur meilleur aspect, grâce à une préparation qui dissimule les défauts et met en valeur les qualités existantes.
Enfin, ils sont sans artifice : car dans leur parole et dans leur apparence, ils ont rejeté toute affectation. »

Diogène Laerce, livre VII, I,117,118.

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Le stoïcisme à Rome

Au IIe siècle avant notre ère, le stoïcisme gagne Rome à travers Panétios de Rhodes. Cette philosophie séduit les Romains dont les valeurs tendaient vers l’austérité et la frugalité (du moins dans l’idéal des anciens Romains). Cicéron, s’il n’est pas stoïcien stricto sensu, s’y intéresse dans son traité intitulé : « Paradoxes des stoïciens ». En cette moitié du Ier siècle, à Rome le stoïcisme se voit concurrencé ,si l’on peut dire, par l’épicurisme. Une philosophie d’ailleurs née en 306 av. J.-C. à Athènes et contemporaine du stoïcisme.

Marc Aurèle

Autre stoïcien célèbre, Epictète dont les écrits ont influencé Marc-Aurèle, l’empereur philosophe et dernier grand représentant des stoïciens. « Accepte ce qui arrive, tisse ta vie avec ce que le destin t’apporte. » Écrivait-il dans ce qui relève d’un pan de la pensée stoïcienne.

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La philosophie stoïcienne de nos jours

Le stoïcisme a ceci de singulier qu’il s’agit d’un courant philosophique qui a su perdurer non seulement au cours de l’Antiquité, mais aussi influencé le christianisme pour être repris à la Renaissance avec les néo-stoiciens. De nos jours, le stoïcisme connaît aussi un renouveau. Des philosophes comme  Massimo Pigliucci et Ryan Holiday l’adaptent volontiers à notre monde moderne en l’axant sur le bien-être et le développement personnel. Certes nos défis sont bien différents de ceux rencontrés par les individus de l’Antiquité, mais dans notre monde, la paix et la pérennité que peut offrir le stoïcisme seraient loin d’être superflues.

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