Depuis l’Antiquité, les philosophes et savants ont interrogé la notion de la réalité. Récemment, un chercheur a été plus loin en soumettant l’idée que notre monde n’était en fait qu’une vaste et complexe simulation informatique. Une idée digne de Matrix ? Peut-être pas tant que ça.

La théorie de l’univers simulé
Le chercheur en question se nomme Melvin Vopson, physicien à l’université de Portsmouth en Angleterre. Son ouvrage intitulé « reality reloaded » tache d’explorer l’hypothèse de l’univers simulé. Une théorie émettant l’idée que notre réalité ne pourrait être qu’une construction simulée, similaire à un programme informatique avancé ou une simulation de réalité virtuelle.
Toujours, selon cette théorie, les lois physiques qui régissent notre réalité seraient en fait des algorithmes. Tandis que même nos expériences tangibles seraient générées par les processus informatiques d’un système extrêmement avancé.
Malgré son aspect spéculatif, cette théorie a néanmoins gagné en popularité grâce aux progrès technologiques rapides. A l’émergence d’ordinateurs puissants capables d’exécuter des simulations complexes. A l’existence d’applications de réalité virtuelle de plus en plus sophistiquées et immersives. Et enfin à certaines réflexions philosophiques et à des développements scientifiques récents dans le domaine de la physique de l’information.
Trouver des preuves

La communauté scientifique est à la fois intéressée et sceptique face à l’idée d’un univers simulé. La question clé est de savoir si l’on peut trouver des preuves scientifiques pour soutenir ou réfuter cette hypothèse. C’est là qu’intervient la physique et en particulier la deuxième loi de la thermodynamique. Celle-ci stipule que l’entropie (le désordre) dans un système isolé ne peut qu’augmenter ou rester stable.
Vopson s’attendait à ce que ce principe s’applique également à l’entropie dans les systèmes d’information, qu’il considère comme le “cinquième état de la matière”.
Il est généralement admis que la matière observable dans l’univers contient une certaine quantité d’information. Par exemple, les atomes composés de protons, d’électrons et de neutrons, renferment non seulement la masse combinée de ces particules ; mais aussi une petite quantité d’information nécessaire à leurs interactions mutuelles et avec le reste de l’univers.
Le physicien a démontré que dans ce contexte, l’entropie est soit constante, soit décroissante jusqu’à atteindre un équilibre. Cela contredit le principe de Sadi Carnot, ce qui a conduit Vopson à proposer une “deuxième loi de l’infodynamique”. Selon lui, cette loi a des implications en physique atomique, en cosmologie et dans les systèmes biologiques. Elle pourrait également aider à prouver que nous vivons dans une simulation.
Si notre univers était une simulation, il nécessiterait une optimisation et une compression des données pour réduire la puissance de calcul et la capacité de stockage des données nécessaires. Vopson affirme que c’est exactement ce que nous observons dans les données numériques, les systèmes biologiques, les symétries mathématiques et l’univers dans son ensemble.
Bien des perspectives
Dans son livre, l’auteur examine les liens entre la science de l’information, les progrès technologiques, les concepts avancés en physique et la plausibilité de l’hypothèse de l’univers simulé. Il offre des perspectives uniques et de nouveaux arguments scientifiques qui semblent soutenir cette hypothèse. Il reste que si rien n’est, bien sûr prouvé, il s’agit d’inviter à la recherche dans le domaine de la physique de l’information.
Enfin, l’on peut se poser la question suivante, si notre monde est une simulation informatique qui est celui qui se trouve derrière le clavier ?



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